1 Commentaire(s) :
Décidément, c'est la semaine de punition de l'idiot ! Je l'ai bien mérité ! :-)
Triste constat : le niveau des informaticiens d'entreprise utilisatrice (entre autres..), au moins pour la partie infrastructure systèmes/réseaux, est très faible en moyenne en France (comme dirait certains, je ne vais pas me faire des copains). Il n'y a qu'à observer la façon dont sont déroulés les processus de diagnostic en cas de panne (lorsqu'ils sont formalisés, et ce n'est pas souvent) pour se rendre compte à quel point la confusion règne dans l'esprit des techniciens qui confondent pèle-mêle notions réseaux, systèmes, données et programmation sans chercher à qualifier leurs interrelations. Le comble est livré lorsque ceux là-même qui fustigent les PALC tentent d'argumenter par la technique : prétendre, par exemple, que l'augmentation du débit d'un lien règle un problème de lenteur posé comme alibi des méchantes DSI, c'est méconnaître grandement la dynamique des concurrences protocolaires inter-flux, et par là-même montrer sa totale incompétence à aborder le problème sous cet angle. Pathétiques, les pseudo-informaticiens qui, parce-qu'ils maîtrisent correctement une portion du problème, prétendent le maîtriser dans sa globalité et donner des leçons...
Une excellente question à poser, en revanche, est : comment se fait-il que les utilisateurs informatiques soient à ce point méprisés, jusque dans l'exercice de leur métier, par les DSI ? Pour le comprendre, observons tout d'abord que cela ne se limite nullement au faux-problème de l'utilisation du web. De l'ERP qui fait bien à l'implantation de Notes uniquement pour expédier des mails (pardon, des "mémos"), les dirigeants de société françaises souffrent d'une carence stratégique majeure, au point que le SI est au mieux considéré comme un mal nécessaire, un truc dans le vent qu'on traine comme un poids mort et qui consiste, en gros, à remplacer la machine à écrire par l'ordi, le courrier postal par le mail et le tract publicitaire par le site web. L'idée que le SI puisse être un acteur de la stratégie économique, jusqu'à le matérialiser, constitue l'exception. On confiera donc la gestion du SI à des gestionnaires justement, non à des visionnaires. C'est un problème de leadership, de perception bref : d'intelligence.
Dans ces conditions, confier la mise en ?uvre de la stratégie d'accès à l'Internet à une DSI de bonne boîte française traditionnelle, dé-corrélée d'un métier dont elle se fout, c'est comme confier un M-16 chargé à un gamin de 6 ans en espérant qu'il en fasse bon usage pour le plus grand bien de tous.
Un autre angle de vue qui me paraît intéressant, aussi, c'est de considérer la question ainsi : le patron est-il à ce point le père de ses employés, qu'il doive absolument remplir à leur égard des obligations telles que leur offrir un accès web sans contrôle ni restriction tout en se portant garant de leur comportement vis-à-vis des tiers ? Les employés ne sont-il pas assez adultes pour se pourvoir d'un accès web personnel, et en disposer comme ils l'entendent sans avoir à en rendre compte ? Car en définitive et pardoxalement, on tire aussi la légitimité de son pouvoir des devoirs que les autres s'estiment en droit de nous attribuer d'autorité. Cette idée que les autres nous doivent absolument quelque chose : du respect, de la considération, des soins, de l'argent, de l'obéissance, des conseils, ou un accès Internet sans limites... : c'est le début de l'esclavage.
Je suis beaucoup trop long dans mes commentaires, j'ai vraiment du mal à m'exprimer de façon synthétique et efficace.
signé , le 29/5/09 23:26
